Fabrick
mardi 20 septembre 2005 à 11:11
QUOTE(divx22 @ mardi 20 septembre 2005 à 00:40)
Bon moi je dirai une chose : il ya des scientifiques dignes de ce nom et les autres...
(...)
Et puis ... et puis des mecs qui se les ... qui depuis 20 ans assistent sans jamais les prédire , à des inondations... et qui devant une terre gorgée d'eau, des cours d'eau limite inondation - ne ce se sont pas dit que 80mml d'eau ( en réalité 200... détail...) feraient du dégât...
(...)
Et puis comme à dit un prévisionniste de météo France au lendemain des inondations : "je ne suis pas là pour faire des prédictions"
Je rapelle l'intulé de sa fonction...prévisionniste...

Oui c'est vrai, mais ce qu'il faudrait c'est toujours se souvenir que les scientifiques sont aussi des êtres humains et qu'ils ne peuvent (pour le moment selon l'état d'avancée de leur recherche) tout faire... même si certains le pensent.
Et puis le problème vient pas forcément des scientifiques ou des sciences, mais des moyens qu'on leur donne et de l'écoute dont ils bénéficient. Prenons la question plus large du réchauffement de la planète, tous disent que cela se produit et que les conséquences sont multiples et violentes... mais qui, quel Etat, quel industriel, quel politique ou peuple s'en soucie véritablement ? Car franchement sur la question des innondations si on cessait de construire dans des zones innondables, si on donnait les moyens financiers pour entretenir le lit des rivières et les digues... je pense qu'il y aurait moins de dégats.
Et si l'Etat français par exemple décidait de donner de réels moyens à la recherche fondamentale et aux chercheurs pour qu'ils puissent bosser dans de bonnes conditions, peut-être que les choses avanceraient plus vite. Il n'y a qu'à voir l'état de la recherche en France depuis ces dernières années pour comprendre. Aujourd'hui ce qui intéresse, c'est la recherche pratique, celle qui va rapporter de l'argent par le biais de brevets et qui intéresse l'industrie... Ainsi pour avoir un euro de crédit de l'Etat, les scientifiques doivent d'abord trouver un euro dans le secteur privé, donc leurs recherches elles doivent intéresser le secteur privé, c'est-à-dire les entreprises... d'où un problème quand il s'agit de faire des recherches sur des questions qui pourraient par la suite aller à l'encontrer de leur business et surtout qui ne rapportent rien financièrement (il leur faut un retour sur investissement).
Pour ce qui est des récentes innondations dans le sud, elles sont dues à un épisode pluvieux particulier à la zone, l'épisode Cévénole qui est maintenant bien connu mais dont il est très difficile de prévoir l'intensité des pluies à chaque endroit. Mais on sait que généralement ce sera violent. Alors forcément la question des "prévisions" est toujours plus qu'aléatoire d'autant qu'en ce qui concerne la météo comme dans tous autres domaines, voir l'avenir relève plus d'un phantasme que d'une réalité...
Est-ce que prévoir et prédire sont la même chose ? On peut prévoir qu'il y aura des dégats, mais pas prédire où exactement et surtout lesquels exactement... Et cela pose la question de la gestion des risques naturels. Dans ce domaine la France est pas la mieux placée, il n'existe aucune formation pour les gens, dans les écoles par exemple, pour apprendre comment réagir dans le cas d'un problèmes naturel (innondations, tremblement de terre, incendie, ouragan, raz-de-marrée...). Pourquoi ? Par ce que on veut pas y mettre les moyens financiers notamment et qu'il n'existe aucune volonté politique. Le Japon par exemple dans ce domaine est plutôt mieux préparé. Cuba aussi par rapport aux cyclones par exemple.
Pour finir sur un exemple bien triste et récent, les Etats-Unis et la situation à la Nouvelle-Orléans... Quelles sont les populations qui ont payé le plus cher tribut à Katrina et pourquoi ? Réponse : les populations noires et les pauvres (donc globalement les mêmes...) pourquoi car ils n'avaient pas les moyens de quitter la ville, qu'ils vivaient dans les parties les plus basses de la ville à la différence des quartiers riches situés sur les hauteurs... mais évacués. Les digues autour de la ville, on apprend que Bush et son administration avait baissé fortement les crédits depuis deux ans pour faire des économies (et aller faire la guerre en Irak). A un autre niveau de responsabilité, les Etats-Unis refusent de ratifier le protocol de Kyoto (qui est un minimum et loin d'une révolution...), ils consomment plus d'énérgie chaque jours, ont des voitures qui consomment 15 litres d'essence... bref contribuent chaque jour à la dégradation de la planète et à la production de phénomènes climatiques toujours plus violents...et imprévisibles.
Au bout du compte j'ai tendance à penser que le problème vient moins des scientifiques et des sciences en général que des choix politiques et économiques et des comportements individuels (individualistes ?) qui sont fait au détriment de l'humanité, de l'ensemble des êtres-vivants et de la planète.
Bon j'arrête là je sens que je m'emporte et ça pourrait durer des heures...